Une journée au Tribunal Correctionnel

Ce lundi 26 novembre, les élèves de 3e et 4e années de l’option Sciences Economiques (enseignement général) et de Technique Gestion de l’Athénée Royal de Waimes se sont rendus au Palais de Justice de Liège.

Leur grille horaire comprend en effet un cours de Droit civil qui décrit notamment l’organisation du pouvoir judiciaire. Il semblait donc adéquat de compléter cette formation par la découverte in situ du fonctionnement de la « justice médiane ».

Dans la salle E, les prévenus défilent. Un malfrat est amené menotté, escorté par deux policiers. Il assure mordicus qu’il n’a pas reçu la signification de son jugement. Il apprendra à ses dépens que le délai est dépassé pour interjeter appel et le juge, inflexible, le renverra à Lantin.

Ensuite, c’est une affaire, tristement banale, de violence conjugale. A Liège, on ne prend pas ça à la légère, c’est même la tolérance zéro qui est de règle. Le mari se retrouve au tribunal pour avoir cassé le nez de sa femme lors d’une dispute. Un certificat médical en atteste dans le dossier. Le prévenu risque une peine de prison. Il n’a pas d’antécédents judiciaires cependant et son avocat demande au juge la suspension du prononcé, ce qui signifie que le mari violent ne sera pas condamné à condition qu’il suive une thérapie destinée à gérer les conflits du couple. L’épouse, toujours pas très rassurée, s’est constituée partie civile.

Les élèves changent de salle. Là où devait être jugée une affaire de trafic de voitures de luxe. Mais vu l’absence de certains protagonistes, l’audience n’a pas lieu. Madame la Juge accepte alors de dialoguer. C’est une opportunité exceptionnelle à ne pas laisser passer. Pendant trois quarts d’heure, elle raconte son métier, avec enthousiasme. Elle fait gentiment remarquer que la justice, ce n’est pas ce qu’on voit dans les films américains ! Le langage est clair et direct, voire fascinant. La salle résonne au jeu des questions réponses, auquel se prête volontiers Madame la Procureur. La justice semble prendre une dimension plus accessible. De la théorie à la réalité, il n’y avait qu’un pas. Il vient d’être franchi.

Mais le temps passe et le groupe a rendez-vous avec le Président du Tribunal de Première Instance. Objectif : découvrir les nouveaux et immenses bâtiments du Palais de Justice, situés à quelques pas de l’ancien. C’est un tout autre style architectural et ici le côté fonctionnel domine. Tout est sécurisé et contrôlé par des caméras. A travers maints dédales, la visite guidée, qui inclut la salle du Conseil, se termine par les cellules réservées aux prisonniers ou aux mineurs d’âge, d’austères salles d’attente avant la comparution redoutée devant un magistrat. Nul n’est censé ignorer la loi, vaste programme !

J-C L

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