Territoires de la mémoire

Le mardi 01/03/2016, des élèves de 5e année (TR et G) eurent l’occasion de cheminer sur Le Parcours Symbolique des Territoires de la mémoire et de visiter l’exposition « En lutte » au sein de la Cité Miroir. Divisés en deux groupes, les paragraphes suivants décrivent les leçons d’histoire, de philosophie et de politique que ces élèves reçurent pendant cette journée.

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« Le récit qui rend compte de la façon dont s’est faite acceptable l’oppression commence la libération »[1]. Aux Territoires de la mémoire[2], c’est au récit de la déportation que nous nous sommes confrontés. Ultime conclusion d’une rationalité délirante au service d’une pulsion de mort vécue comme une expérience esthétisante de destruction et de haine par Hitler. Mais ne nous y trompons pas. Si le cri du Führer est celui d’un homme révolté, il est le cri de la tyrannie et de la rancune : tu es l’ennemi[3] ! Lorsque cette décision est formulée sur base de cette infection latente [l’étranger, c’est l’ennemi], le syllogisme xénophobe[4] trouve sa conclusion dans le Lager. Le parcours symbolique nous donna donc à vivre la conclusion du syllogisme nazi et sa cohérence dans le processus de destruction de l’ennemi : définition (décision), oppression « naturelle » (et plus tard légalisée), expulsion (expropriation), ghettoïsation, déportation, concentration et enfin destruction.

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« Sous l’impulsion d’actions collectives, le monde peut changer et des avancées sociales peuvent être acquises »[5]. Premier groupe scolaire de l’exposition « En Lutte », nos élèves eurent l’occasion de tisser des liens entre les actions collectives du passé et celles du présent. Utilisant : vidéos, images, sons, effets lumineux et artefacts, cette exposition leur proposa donc de « vivre » des moments de révolte et de lutte du passé pour comprendre que nos acquis sociaux sont les fruits de différents combats politiques et que le conflit politique d’aujourd’hui bien que s’exprimant par et dans la violence, ne se laisse pas réduire à de la sauvagerie, mais qu’il porte en lui la liberté politique, qu’il est, un « anti-destin ».

Charles Deheselle

[1] J.-P.FAYE, Introduction aux langages totalitaires, Théorie et transformation du récit, Le Livre de Poche, Coll. Biblio essais, 2009 [2003], p.239.

[2] http://www.citemiroir.be/actualite/plus-jamais-ça-parcours-dans-les-camps-nazis-pour-résister-aujourdhui

[3] J. BUTLER, Le pouvoir des mots, Discours de haine et politique du performatif, Édition Amsterdam, 2004 [1997], p.13 à p.19.

[4] Nous reformulons le syllogisme identifié par Emmanuel Tuchscherer : « Je ne peux vivre politiquement sans ennemi. Or l’ennemi ne peut être qu’un être réel, concret, qui me fait face et dont j’éprouve la résistance. Il m’appartient donc de le désigner comme tel et de le combattre ». – E. TUCHSCHERER,  Le décisionnisme de Carl Schmitt : théorie et rhétorique de la guerre » in Mots. Les langages du politique, N°73, 2004, p.33.

[5] http://www.citemiroir.be/actualite/en-lutte-histoires-demancipation

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